Voilà une chose qui ne change pas à travers les générations : le premier bijou, la petite pacotille de nos 4 ans, c’est en général une fleur, un trèfle à quatre feuilles ou un petit cœur. Ensuite, on grandit. L’esprit se forge peu à peu à l’abstraction. On apprend la distance, la perspective, la profondeur, les lignes... et les motifs figuratifs passent au second plan. Sauf....
Sauf quand la tendance est, comme ces temps-ci furieusement figurative ; récessive, devrais-je dire. Car comment expliquer la déferlante de grenouilles, serpents, scarabées, camélias, lézards, oiseaux, papillons, paons... quand ce n’est pas le papillon-sur-le-camélia-posé-sur-une-grenouille...
J’exagère. Mais nos chers stylistes n’oublient-ils pas parfois que ces petites prouesses d’artisanat, il va falloir les porter ?! Les suspendre aux oreilles, les glisser à l’annulaire, autour du cou... Et franchement, il faudra à certaines beaucoup d’audace -ou d’innocence- pour arborer ces saynètes de la vie bucolique. Il leur faudra de l’humour, de la répartie, une belle humeur collée au front et un aplomb qui assume.
Heureusement, certaines maisons - comme Boucheron -vous élaborent un discours prêt à la riposte en cas de perfidie moqueuse : vous serez Tulipa, déesse des amours mortes, Viviana, fée de la forêt de Brocéliande ou Cuca India, libertine qui fait pousser des arbres de coca. Ou simplement Catherine, l’empoisonneuse....