Cette fois, c’est clair, le bijou se porte au pied. Au talon, pour être précis. Et pas dans la discrétion.
L’offensive « jets de strass » avait démarré timidement chez Jimmy Choo il y a quatre-cinq ans. Avec ses scintillements qui encerclaient ou prolongeaient la cheville, la sandale-stiletto ponctuait dans la nuit le chaloupé d’un jersey de soie. Du Ritz à la Jaguar, de la Jaguar au tapis rouge, du tapis rouge au bar à champagne...
A l’époque, il fallait l’œil averti d’une fashion victim ou d’un fétichiste pour repérer le précieux chaussant. Le soulier ne se payait pas encore le culot de voler la vedette à la rivière d’émeraudes, non. Mais il suggérait la femme d’exception, peu portée sur les transports en commun. Aujourd’hui, tout a changé. La chaussure se pousse du col, si l’on peut dire.
Pour cet été par exemple, Prada soutient le talon à l’aide vraies sculptures baroques qui pourraient facilement faire pendentif. Tandis que Chanel le joue plutôt Mondrian et Balenciaga carrément sado-maso. Bref, pour faire baisser les yeux sur son passage, il commence à y avoir du choix. On peut même décider le dépouillement pour mieux irradier sa foulée. Ainsi, il vous manque quelques zéros pour exalter richement votre décolleté ? No problem. Investissez sur le bas. Même à 400, 600 ou 1 500 euros, un escarpin vous coûtera -quasiment- le prix d’une copie joaillerie.
D’ailleurs, si j’étais joaillier, je préparerais la contre-offensive : au lieu de multiplier le volume des clips et des bracelets, je cultiverais mes œillets !